Les tulipes de Jonquières — quand la Provence se pare de couleurs
- Christophe Abbes

- 24 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 mars
Ce matin, le réveil a sonné tôt. Direction Jonquières, à quelques kilomètres de chez moi — appareil en main, avant que le soleil ne dépasse la ligne du Ventoux.
J'avais repéré les champs de tulipes du Domaine Martin de Grangeneuve depuis plusieurs jours. Les premières rangées commençaient à s'ouvrir. Ce matin, la lumière était là. Rasante, dorée, encore fraîche. Le genre de lumière qu'on ne commande pas — on l'attend, et quand elle arrive, on déclenche.

Un shooting au lever du soleil — entre couleur et silence
Le premier détail qui frappe, c'est le silence. Pas de visiteurs à cette heure. Juste les rangées de tulipes, droites et serrées, et le ciel qui passe lentement du rose au bleu.
Le rouge est le premier à accrocher la lumière.
Puis le blanc, le orange, le rose pâle. Chaque rangée offre une palette différente — et chaque minute qui passe modifie l'ensemble. Un shooting comme celui-là ne se planifie qu'à moitié. On arrive avec une idée, on repart avec autre chose. Quelque chose de mieux.
J'ai posé le boîtier très bas, presque au ras des tiges, pour capter la profondeur des rangées. Le fond se noie dans un flou de couleurs mêlées. C'est ce que je cherchais — cette impression de mer végétale, avec le Mont Ventoux en sentinelle au loin.

La Provence en mars — plus vivante qu'on ne le croit
Il y a un réflexe tenace : associer la Provence à l'été. La lavande, les cigales, la chaleur sèche. C'est une erreur.
Mars en Provence, c'est une saison à part. Le mistral a nettoyé le ciel. Les amandiers ont déjà fleuri. Et maintenant, les tulipes de Jonquières prennent le relais — des millions de bulbes plantés chaque automne par l'entreprise néerlandaise Triflor, installée ici depuis les années 1980.

Le climat vauclusien leur offre un avantage décisif : les tulipes fleurissent ici quatre semaines plus tôt qu'aux Pays-Bas. Le mistral assèche l'humidité, les sols méditerranéens font le reste. Triflor cultive environ 20 hectares et a même créé deux variétés locales — la Jonquières Traditionnelle et la Jonquières Perroquet.
Pour les établissements hôteliers du Vaucluse, c'est un signal. La saison ne commence pas en juin. Elle commence maintenant — et les visuels doivent le montrer.
Le printemps est là — et il se photographie
Les champs du Domaine de Grangeneuve sont ouverts au public du 21 mars au 6 avril 2026, tous les jours de 10h à 18h30. L'entrée est gratuite. On peut cueillir son bouquet — et profiter des food-trucks et des soirées musicales organisées sur place par l'association "Fêtons les tulipes de Jonquières".
Mais ce que je retiens de ce matin, c'est autre chose. C'est cette demi-heure au lever du jour, seul dans les rangées, à regarder les couleurs monter progressivement. Ce moment où la Provence rappelle — sans forcer, sans bruit — qu'elle sait être belle avant même que la foule n'arrive.

Pour un photographe installé dans le Vaucluse, c'est un rappel simple. La lumière provençale ne se limite pas à juillet. Elle travaille aussi en mars, en douceur, avec des couleurs qu'aucun filtre ne pourrait inventer.
Elle ne documente pas le printemps. Elle l'annonce.
Au plaisir,
Christophe
Informations pratiques — Tulipes de Jonquières 2026
→ Lieu : Domaine Martin de Grangeneuve — 2755 chemin des Plâtriers, 84150 Jonquières (Vaucluse)
→ Dates 2026 : du 21 mars au 6 avril — tous les jours de 10h à 18h30
→ Accès : gratuit — parkings gratuits sur place (3 hectares de stationnement)
→ Animations : food-trucks, producteurs locaux, 4 soirées musicales
→ À proximité : Orange (8 km), Châteauneuf-du-Pape (15 km), Mont Ventoux en toile de fond
→ Merci au Domaine Martin de Grange neuve : Un magnifique domaine avec aussi une partie hébergement : ici. Sa page facebook ici et sa page instagram ici
→ Page Facebook : "Fêtons les Tulipes de Jonquières" — mises à jour quotidiennes sur la floraison




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